Centre des Médias - Nouvelles du CIRC

Le Prix Nobel partagé entre chercheurs français et allemand

07/10/2008 -
Professor zur Hausen with the IARC Monographs Working Group on Papillomaviruses, February 2005
07 OCTOBRE 2008 -- Deux chercheurs français, Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, récompensés pour leurs travaux dans la découverte du virus du SIDA, et un virologue allemand, qui a découvert le virus du papillome humain (VPH) à l'origine du cancer du col de l'utérus, ont reçu conjointement le Prix Nobel 2008 pour la Physiologie et la Médecine, aujourd'hui lundi 6 octobre 2008.

Le Professeur Harald zur Hausen, aujourd'hui Professeur émérite au Centre allemand de Recherche sur le Cancer (DKFZ), voit récompensés ses travaux fondés sur l'idée que les virus du papillome humain oncogènes, ou VPH, provoquent le cancer du col utérin, deuxième cancer le plus fréquent chez la femme.

Le Professeur zur Hausen, qui a démarré ses recherches dans les années 1970, supposait que si le VPH provoquait le cancer du col, il était possible de le déceler en recherchant un ADN viral spécifique dans les cellules tumorales.

Pendant 10 ans, il a cherché différents types de virus du papillome humain, les détectant dans des biopsies de cancer du col utérin. Les types de virus qu'il a mis en évidence, puis clonés, se retrouvent dans près de 70 pour cent des biopsies de cancer du col dans le monde.

"Plus de 5 pour cent de tous les cancers dans le monde sont causés par une infection persistante par ce virus", d'après le comité Nobel.

“On estime à 500 000 le nombre des femmes chez qui l'on diagnostique la maladie chaque année dans le monde, et environ 300 000 en meurent, essentiellement dans le monde en développement. Il reste beaucoup à faire pour prévenir la maladie, mais le développement de la vaccination anti-VPH contre les types de VPH responsables de la majorité des cancers du col dans le monde est un pas immense dans la bonne direction. Ce développement doit beaucoup au travail de pionnier réalisé par le Professeur zur Hausen et a des conséquences positives importantes pour l'humanité”, a déclaré le Dr Peter Boyle, Directeur du Centre international de Recherche sur le Cancer.