COMMUNIQUE DE PRESSE
N° 139
19 mars 2002 

LE DEPISTAGE MAMMOGRAPHIQUE PEUT REDUIRE LES DECES PAR CANCER DU SEIN

Un million de femmes sont atteintes d’un cancer du sein chaque année dans le monde. La détection précoce et le traitement de ces cancers sont considérés comme l’approche la plus prometteuse pour réduire la mortalité liée à ce cancer.

Le premier essai d‘évaluation du dépistage par mammographie a été lancé en 1963. Depuis lors, des études ont été réalisées dans différents pays. La plupart d’entre elles ont signalé des réductions de la mortalité par cancer du sein et plusieurs pays ont aujourd’hui mis en place des programmes systématiques de dépistage du cancer du sein. Le consensus sur la valeur du dépistage par mammographie a récemment été remis en cause par des chercheurs danois associés à la ‘Cochrane Collaboration’. Ils soutenaient que de nombreuses études étaient scientifiquement biaisées et concluaient que la mammographie n’offrait en fait pas de bénéfice global.

Les indications disponibles sur le dépistage du cancer du sein ont été évaluées à Lyon par un groupe de travail réuni par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), du 5 au 12 mars 2002. Ce groupe, constitué de 24 experts venus de 11 pays différents, a conclu que les essais d’évaluation offraient des indications suffisantes de l’efficacité du dépistage mammographique des femmes âgées de 50 à 69 ans. La réduction de la mortalité par cancer du sein chez les femmes choisissant de participer à des programmes de dépistage était estimée à environ 35%. Pour les femmes âgées de 40 à 49 ans, le groupe ne disposait que d’indications limitées d’une réduction de la mortalité. La qualité des essais utilisés pour rendre ces conclusions a été soigneusement évaluée. Le groupe de travail a conclu qu’un grand nombre des critiques mentionnées plus haut se trouvaient invalidées, et le groupe a estimé que les autres défauts attachés à ces études n’invalidaient pas leurs résultats.

L’efficacité des programmes nationaux de dépistage varie en fonction des différences de couverture de la population féminine, de la qualité de la mammographie, du traitement, entre autres facteurs. Les programmes de dépistage organisés sont plus efficaces pour réduire le taux de mortalité lié au cancer du sein que le dépistage sporadique de certains groupes de femmes.

Le groupe de travail a également conclu qu’il ne disposait que d’indications insuffisantes d’un effet sur la mortalité par cancer du sein de l’examen clinique ou de l’auto-examen des seins.

Pour plus d'information, contacter Dr H Vainio, Unité de chimioprévention du cancer ( )
ou Dr Nicolas Gaudin, chef, Communication ( )



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