Un million de femmes sont atteintes dun cancer du sein chaque année dans le monde. La détection précoce et le traitement de ces cancers sont considérés comme lapproche la plus prometteuse pour réduire la mortalité liée à ce cancer.
Le premier essai dévaluation du dépistage par mammographie a été lancé en 1963. Depuis lors, des études ont été réalisées dans différents pays. La plupart dentre elles ont signalé des réductions de la mortalité par cancer du sein et plusieurs pays ont aujourdhui mis en place des programmes systématiques de dépistage du cancer du sein. Le consensus sur la valeur du dépistage par mammographie a récemment été remis en cause par des chercheurs danois associés à la Cochrane Collaboration. Ils soutenaient que de nombreuses études étaient scientifiquement biaisées et concluaient que la mammographie noffrait en fait pas de bénéfice global.
Les indications disponibles sur le dépistage du cancer du sein ont été évaluées à Lyon par un groupe de travail réuni par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de lOrganisation Mondiale de la Santé (OMS), du 5 au 12 mars 2002. Ce groupe, constitué de 24 experts venus de 11 pays différents, a conclu que les essais dévaluation offraient des indications suffisantes de lefficacité du dépistage mammographique des femmes âgées de 50 à 69 ans. La réduction de la mortalité par cancer du sein chez les femmes choisissant de participer à des programmes de dépistage était estimée à environ 35%. Pour les femmes âgées de 40 à 49 ans, le groupe ne disposait que dindications limitées dune réduction de la mortalité. La qualité des essais utilisés pour rendre ces conclusions a été soigneusement évaluée. Le groupe de travail a conclu quun grand nombre des critiques mentionnées plus haut se trouvaient invalidées, et le groupe a estimé que les autres défauts attachés à ces études ninvalidaient pas leurs résultats.
Lefficacité des programmes nationaux de dépistage varie en fonction des différences de couverture de la population féminine, de la qualité de la mammographie, du traitement, entre autres facteurs. Les programmes de dépistage organisés sont plus efficaces pour réduire le taux de mortalité lié au cancer du sein que le dépistage sporadique de certains groupes de femmes.
Le groupe de travail a également conclu quil ne disposait que dindications insuffisantes dun effet sur la mortalité par cancer du sein de lexamen clinique ou de lauto-examen des seins.