COMMUNIQUE DE PRESSE
N° 140
20 février 2002 

SURPOIDS ET MANQUE D'EXERCICE SONT LIES A UN RISQUE ACCRU DE CANCER

Dans les pays industrialisés comme dans les pays en développement, le surpoids et l’obésité sont de plus en plus fréquents depuis une vingtaine d’années et, dans les pays occidentaux, ce phénomène a atteint des dimensions épidémiques. Aux Etats-Unis, un quart de la population avait un poids excessif en 1978, cette proportion atteignant un tiers de la population en 1990. Les derniers chiffres montrent que 60 % de la population adulte est aujourd’hui dans la même situation, et les zones urbaines de nombreux pays en développement enregistrent une prévalence comparable.

La mesure la plus communément acceptée du surpoids est l’indice de masse corporelle (IMC), que l’on obtient en divisant le poids corporel (en kg) par le carré de la taille (m2). Ainsi, un adulte pesant 100 kg et mesurant 2 mètres a un IMC de 25. L’Organisation mondiale de la Santé estime qu’un IMC inférieur à 18,5 est un indicateur d’insuffisante pondérale et qu’un IMC supérieur à 25 indique un surpoids ; un IMC supérieur à 30 est synonyme d’obésité. Un IMC normal, en tout cas souhaitable, se situe entre 18,5 et 25. Pour un adulte mesurant 1,75m, ce poids souhaitable se situe donc entre 57 et 77 kilos.

Les raisons de cette épidémie sont simples. Les causes fondamentales de l’obésité et du surpoids résident dans un mode de vie sédentaire et une surconsommation d’aliments hautement caloriques. La graisse corporelle est la conséquence d’un déséquilibre entre l’apport et la dépense caloriques, qui relèvent l’un et l’autre de phénomènes hautement culturels et comportementaux. L’importance de l’activité physique comme cause déterminante du poids corporel est bien connue. Les enfants, dans les pays occidentaux, sont moins physiquement actifs que par le passé, à la maison comme à l’école.

Les conséquences de l’épidémie de surpoids et d’obésité sont maintenant comprises. Le surpoids et une activité physique insuffisante sont associés à plusieurs maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires et le diabète de l’adulte. Leur rôle dans le développement du cancer a été évalué par un groupe international d’experts réunis par le Centre international de Recherche sur le Cancer, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Lyon, du 13 au 20 février 2001.

L’examen complet et les conclusions des documents scientifiques soumis à cette évaluation, et les recommandations d’actions de santé publique ont maintenant été éditées et forment le volume 6 des IARC Handbooks of Cancer Prevention. Ce manuel résume également les mécanismes intervenant dans ces effets, comme ceux qui sont liés au métabolisme hormonal et aux fonctions immunitaires.

Limiter les gains de poids réduit le risque de cancer du sein postménopausique et de cancer du côlon, de l’endomètre, du rein (cellules rénales) et d’adénocarcinome æsophagien. L’activité physique régulière réduit quant à elle le risque de cancer du sein et du côlon, et probablement celui du cancer de l’endomètre et de la prostate. Certains de ces effets sont indépendants du contrôle pondéral.

L’augmentation du risque de cancer est à peu près parallèle à l’augmentation de l’indice de masse corporelle et sa diminution, à l’augmentation de l’activité physique (que ce soit en intensité, en fréquence ou en durée). Les chercheurs ont estimé que jusqu’à un tiers des cancers du côlon, du sein et du rein peuvent être attribués à un poids excessif et à une activité physique insuffisante. Ainsi, l’adiposité et l’inactivité représentent les causes évitables les plus importantes pour ces cancers. Dans l’Union européenne, 21 000 cas de cancer du côlon et 13 000 cas de cancer du sein pourraient être évités chaque année par le maintien d’un poids corporel normal.

Il n’y a pas de solution simple à l’épidémie d’obésité et d’inactivité physique. Leur origine est culturelle et sociétale, et ce phénomène trouve son expression la plus parlante dans le centre commercial des banlieues occidentales, où l’on se procure une restauration rapide sans même sortir de sa voiture. Lutter contre ce phénomène nécessite des mesures de santé publique (en ce qui concerne la nutrition et l’activité physique) et éducatives, du public comme des prestataires de soins de santé. Le IARC Handbook recommande de maintenir son poids dans la partie inférieure de l’intervalle souhaitable (IMC entre 18,5 et 25), d’éviter des gains de poids de plus de 5 kilogrammes au cours de la vie adulte et de diminuer le poids (de 5 à 10 %) des sujets en surpoids ou obèses. Les individus doivent également être encouragés à exercer une activité physique modérée, comme la marche rapide ou la bicyclette, 30 minutes au moins plusieurs fois par semaine. En plus de réduire le risque de maladies chroniques comme les maladies coronariennes et le diabète, un tel comportement protégerait également contre certains cancers, notamment contre les cancers du côlon et du sein.

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