COMMUNIQUE DE PRESSE
N° 151
3 mai 2004 

LE CIRC CONFIRME QUE LE DEPISTAGE DU CANCER DU COL CHEZ LES FEMMES ENTRE 25 ET 65 ANS REDUIT LA MORTALITE LIEE A CE CANCER

Le cancer du col utérin est en moyenne le deuxième cancer féminin le plus fréquent dans le monde, avec 500 000 femmes diagnostiquées et 250 000 décès chaque année. Près de 80 % des cas surviennent dans les pays en développement, et dans de nombreuses régions, ce cancer vient en tête des cancers féminins.


Le CIRC, acteur clé de la prévention du cancer dans le monde
"L’une des missions clés du Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), selon le Dr Peter Boyle, récemment élu à la tête de l’organe de recherche sur le cancer de l’OMS, "consiste à apporter les outils et les méthodes de prévention, tout particulièrement aux pays qui ne disposent pas des ressources appropriées dans ce domaine." Un groupe de travail du CIRC, présidé par le Professeur Nicholas Day, de Cambridge, s’est réuni à Lyon (France) du 20 au 27 avril 2004, pour évaluer l’efficacité du dépistage du cancer du col à réduire l’incidence et la mortalité liées à ce cancer.

Les programmes organisés de dépistage cytologiques sont efficaces
Le Groupe de travail a conclu qu’il disposait d’indications suffisantes de ce que le dépistage du cancer du col par examen cytologique (frottis cervico-vaginal) prévient bien les décès liés à ce cancer. Les experts réunis ont toutefois souligné que pour atteindre au mieux cet objectif, il faut impérativement qu’il s’inscrive dans un programme organisé doté d’un contrôle-qualité à chaque étape du processus. Dans ces circonstances, on estime que l’on peut atteindre une réduction de la mortalité de 80 % des femmes dépistées. De tels programmes s’adressent aux femmes âgées de 25 à 65 ans; les femmes ne doivent pas se soumettre à un dépistage plus d’une fois tous les 3 ans jusqu’à 49 ans, et une fois tous les 5 ans ensuite. Le Groupe de travail a également conclu que les progrès techniques comme une meilleure manipulation des échantillons cellulaires et l’informatisation de l’analyse cytologique pouvaient aussi participer à la réduction de l’incidence du cancer invasif du col utérin et de la mortalité liée à cette maladie.

Test de recherche du VPH
Le cancer du col utérin est le résultat rare d’une infection par le virus du papillome humain (VPH), une infection sexuellement transmise fréquente, qui est en cause dans plus de 95 % de tous les cas de cancer du col. Cette voie infectieuse offre de nombreuses possibilités de lutte grâce au dépistage et à la vaccination. Dans ce contexte, les tests de recherche de l’ADN du virus dans un simple échantillon de cellules épithéliales se sont imposés comme un pas vers l’identification de lésions potentiellement précancéreuses. Le Groupe de travail a conclu qu’il disposait d’indications suffisantes de ce que le test de recherche de l’ADN viral peut réduire la mortalité liée au cancer du col. "L’identification du rôle du VPH dans l’étiologie et maintenant dans la prévention du cancer du col est une contribution majeure de l’épidémiologie et de la science biomédicale à la lutte contre le cancer", estime le Dr Boyle. Il précise que "toutefois, il faudra encore beaucoup d’efforts pour que l’on dispose d’un test abordable, simple et fiable que l’on puisse appliquer de façon très large dans le monde. Il s’agit-là du prochain défi majeur que doit relever la prévention du cancer du col utérin".

Dépistage dans les pays en développement
La charge la plus lourde du fardeau du cancer du col pesant sur le monde en développement, les experts s’intéressent aussi aux méthodes de lutte applicables à des régions à faibles ressources, et qui ont néanmoins une efficacité maximum pour réduire l’incidence et la mortalité de la maladie. Bien sûr, si l’on peut mettre en œuvre un dépistage par frottis avec de bons taux de participation et un bon contrôle-qualité, il faut l’encourager. L’inspection visuelle du col après application d’acide acétique (IVA) ou d’iode (IVL) est très prometteuse dans les pays à faibles ressources. Aujourd’hui, ses effets au niveau épidémiologique pour réduire la mortalité par cancer du col ne sont pas encore clairs, et les indications de l’efficacité de cette méthode ont par conséquent été considérés comme limitées. Des projets de recherche de grande échelle, menés au sein de la population sont en cours, dans le but de valider cette méthode de dépistage pour une application très large.

Le dépistage, composante de la politique de santé
Le Groupe de travail a identifié plusieurs domaines de recherche qui approfondiront notre compréhension des méthodes de dépistage et de leur applicabilité comme composante d’une politique de santé publique.
"Le message pour les femmes de 25 à 65 ans dans le monde développé est que le dépistage est utile, sans danger et qu’il réduira en grande partie leur risque de mourir d’un cancer du col", selon le Dr Nicholas Day, Président du Groupe. "En outre, il n’est pas nécessaire de se soumettre à ce test plus d’une fois tous les trois à cinq ans." Ceci est conforme au Code européen contre le Cancer (révision 2003), selon lequel "Les femmes à partir de 25 ans devraient participer à un programme de dépistage du col. Ceci devrait se faire dans le cadre de programmes dotés de procédures de contrôle-qualité conformément aux Orientations européennes d’assurance-qualité en matière de dépistage du cancer du col de l’utérus". (1)
Dans le monde en développement, peu de pays ont les ressources ou l’infrastructure nécessaires pour mettre en œuvre des méthodes existantes et à l’efficacité prouvée pour le dépistage. Au cours des prochaines années, les données réunies dans le cadre des recherches en cours feront, on l’espère, des méthodes de dépistage à faible coût et de faible technicité une option valable dans ces régions, en attendant la mise à disposition de vaccins anti-VPH à l’échelle industrielle.

Pour plus amples renseignements sur ce communiqué, prendre contact avec le Dr Peter Boyle, Directeur du CIRC ( ), le Dr N.E. Day, Président du Groupe de travail ( ), ou le Dr A.B. Miller, Vice-Président du Groupe de travail ( ).

Le Résumé des données passées en revue est accessible ici (en anglais seulement).
L’évaluation du Groupe de travail est accessible ici (en anglais seulement).
Les Recommandations pour une mise en œuvre en santé publique et pour les recherches à venir sont accessibles ici (en anglais seulement).

(1) http://www.cancercode.org/code_09.htm (Anglais seulement)

Pour des informations générales sur les activités du Centre, contacter Nicolas Gaudin, Chef du Service de Communication du CIRC ()



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