COMMUNIQUE DE PRESSE
N° 155
10 décembre 2004 

UNE ETUDE DU CIRC MONTRE UNE AUGMENTATION DES TAUX D’INCIDENCE DES CANCERS DE L’ENFANT EN EUROPE


Considérations générales


La distribution et les tendances de l’incidence et de la survie liées aux cancers de l’enfant en Europe au cours des 30 dernières années ont été publiées aujourd’hui dans The Lancet
(http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2804%2917550-8/abstract).
'Nos résultats montrent clairement une augmentation de l’incidence du cancer chez les enfants et les adolescents au cours des dernières décennies, et une accélération de cette tendance', selon le Dr Eva Steliarova-Foucher, coordinatrice du projet au Centre international de Recherche sur le Cancer. 'Toutefois, le cancer à ces âges demeure une maladie rare,' précise-t-elle.


Il s’agit-là du premier rapport du projet ACCIS (Automated Childhood Cancer Information System), soutenu financièrement par l’UE, et géré par une Commission scientifique composée par les auteurs de l’article, qui constitue le principal résultat de la collaboration entre quelque 80 registres du cancer dans la population.

Le Dr Peter Boyle, Directeur du CIRC, note que 'Ce projet souligne une fois encore le rôle central que joue le CIRC dans l’assemblage des données provenant de nombreuses régions différentes et, à l’aide de moyens standard de présentation et d’analyse, et optimise l’emploi de ces donnéees pour éclairer d’importantes questions en matière de lutte contre le cancer.'


Faits et chiffres


Sur la base de 100 596 enfants atteints de cancer, le taux d’incidence moyen était de 118 par million dans les années 1970, de 124 dans les années 1980, et de 139 dans les années 1990, augmentant de façon significative de 1% l’an en moyenne.

Chez les adolescents âgés de 15 à 19 ans, les taux augmentent de 1,5% par an en moyenne : les taux d’incidence correspondants étaient de 147 dans les années 1970, de 165 dans les années 1980 et de 193 dans les années 1990, sur la base de 15 460 cas de cancer.

L’étude montre une augmentation pour tous les types de cancer chez les enfants comme chez les adolescents, les leucémies et les tumeurs cérébrales étant les cancers les plus fréquents chez les enfants en Europe, tandis que les carcinomes et les lymphomes surviennent le plus souvent chez les adolescents. Le Dr Steliarova-Foucher ajoute : 'Cette augmentation des cancers se retrouve à tous les âges, mais est la plus forte chez les enfants de moins de quatre ans et chez les adolescents.'

Meilleurs taux de survie

En grande partie grâce aux améliorations en matière de diagnostic et de traitement, les enfants chez qui l’on diagnostiquait un cancer dans les années 1990 avaient une survie à cinq ans de 75 % en Europe occidentale et de 64 % en Europe orientale. La survie chez les adolescents était pratiquement la même. Comme dans d’autres pays développés, la survie a progressé de façon spectaculaire depuis les années 1970, où la survie à cinq ans n’était que de 44 % pour les enfants et de 50 % pour les adolescents. Tous les types de tumeurs ont bénéficié de l’amélioration de la survie, y compris les grands groupes de tumeurs que sont les leucémies, les lymphomes et les tumeurs du SNC.

Interprétation

Bien qu’on ne puisse totalement éliminer les progrès diagnostiques et de l’enregistrement pour expliquer ces chiffres en augmentation, ils ne peuvent en tout état de cause qu’apporter une contribution partielle à l’augmentation des taux d’incidence.

'Pour faire suite à ces importants résultats, il sera nécessaire d’identifier les types de tumeurs spécifiques et les groupes de population qu’affectent ces augmentations de l’incidence', poursuit le Dr Steliarova-Foucher.

Les travaux sur la base de données ACCIS se poursuivront, en collaboration avec les registres du cancer, et glisseront plus particulièrement des distributions générales à grande échelle vers des hypothèses plus spécifiques. L’identification des facteurs de risque est une entreprise onéreuse et de longue haleine, en raison de la rareté du cancer chez les jeunes.

Dr Peter Boyle conclut : 'Ces résultats ne sont pas la fin d’un projet tel que celui-là et nous devons maintenant trouver les moyens d’élargir nos collaborations pour mieux comprendre la situation de l’incidence et de la survie chez les enfants dans les pays moins développés.'

L’article :
The Lancet 2004; 364: 2097-105
Geographical patterns and time trends of cancer incidence and survival among children and adolescents in Europe since the 1970s (the ACCIS project): an epidemiological study
Eva Steliarova-Foucher(1), Charles Stiller(2), Peter Kaatsch(3), Franco Berrino(4), Jan-Willem Coebergh(5,6), Brigitte Lacour(7), Max Parkin(1).

   (1)Centre international de Recherche sur le Cancer, Lyon (France)
   (2)Childhood Cancer Research Group, University of Oxford, Oxford (Royaume-Uni)
   (3)Registre allemand des Cancers de l’Enfant, Université Johannes Gutenberg, Mayence (Allemagne)
   (4)Institut national du Cancer, Milan (Italie)
   (5)Groupe néerlandais des Cancers de l’Enfant, La Haye (Pays-Bas)
   (6)Département de Santé publique, Université Erasme, Rotterdam (Pays-Bas)
   (7)Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant, Faculté de Médecine, Vandœuvre, France

Pour plus amples renseignements, contacter le Dr Eva Steliarová-Foucher, , ou le Dr Nicolas Gaudin, .



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