COMMUNIQUE DE PRESSE
N° 160
16 mars 2005 

UNE THERAPIE ANTI-RETROVIRALE PEUT PREVENIR UN EXCES DE RISQUE DE CERTAINS CANCERS CHEZ LES SIDEENS


Le traitement anti-rétroviral hautement actif ("HAART") protège contre les cancers associés au VIH
Chez les personnes atteintes par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), la thérapie anti-retrovirale hautement active ("HAART") peut empêcher la majeure partie de l’excès de cas de sarcome de Kaposi et de lymphome non hodgkinien, selon une nouvelle étude à paraître dans le numéro du 16 mars du Journal of the National Cancer Institute.

Les sidéens courent un risque plus élevé de cancer
Les études portant sur des personnes atteintes du syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) ont rapporté un risque plus élevé pour plusieurs cancers, notamment le sarcome de Kaposi, le lymphome non hodgkinien et, dans une moindre mesure, le cancer anal, le cancer invasif du col utérin et le lymphome de Hodgkin. On comprend moins bien, en revanche, l’association entre ces risques de cancer et l'utilisation de traitement "HAART", le statut immunitaire et les facteurs de risque comportementaux comme le tabagisme.

La cohorte suisse de patients atteints par le VIH apporte des résultats très instructifs
Pour estimer l’excès de risque de cancer chez les personnes atteintes par le VIH et étudier les effets modificateurs sur ce risque de l'utilisation d’une thérapie de type "HAART" et de facteurs comportementaux, le Dr Gary M. Clifford, du Centre international de Recherche sur le Cancer, basé à Lyon (France), et ses collègues, ont analysé les données de l’étude de la cohorte VIH suisse et des registres suisses du cancer, portant sur plus de 7 300 personnes atteintes par le VIH.

Risque de cancer moins important chez les patients infectés par le VIH sous HAART
Dans cette étude, le risque de sarcome de Kaposi et de lymphome non hodgkinien était très élevé chez les personnes infectées par le VIH. Leur risque de cancer anal, de lymphome de Hodgkin, de cancer du col utérin, de cancer du foie, de la lèvre, de la bouche, du pharynx et de cancer cutané non mélanome était également plus élevé. En revanche, les personnes sous traitement "HAART" enregistraient des risques plus faibles de sarcome de Kaposi et de lymphome non hodgkinien par rapport à celles qui n'employaient pas de traitement "HAART". L'utilisation de traitement "HAART" ne faisait toutefois pas baisser le risque de lymphome de Hodgkin ou d'autres cancers. Si les cancers du poumon, de la lèvre, de la bouche et du pharynx étaient associés à un risque élevé chez les personnes infectées par le VIH, aucun de ces cancers n’apparaissait chez les non-fumeurs.


Les patients infectés par le VIH encouragés à arrêter de fumer
"En conclusion", résument les auteurs, "un traitement "HAART" peut prévenir un excès de risque de [sarcome de Kaposi] et de lymphome non hodgkinien, mais pas de lymphome de Hodgkin ou d'autres cancers". "Concentrer les efforts sur les façons d'encourager ces personnes à arrêter de fumer réduirait chez elles le risque de cancer du poumon".


Citation : Clifford GM, Polesel J, Rickenbach M on behalf of the Swiss HIV Cohort Study, Dal Maso L, Keiser O, Kofler A, et al. Cancer Risk in the Swiss HIV Cohort Study: Associations With Immunodeficiency, Smoking, and Highly Active Antiretroviral Therapy. J Natl Cancer Inst 2005;97:TKTK.

Note : Le Journal of the National Cancer Institute est une publication de Oxford University Press et n’est pas affilié au National Cancer Institute des Etats-Unis d’Amérique. Merci d’indiquer comme source le Journal of the National Cancer Institute dans toute couverture presse/média. On retrouvera le Journal en ligne, à http://jncicancerspectrum.oupjournals.org/.


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