Le cancer buccal est fréquent chez les hommes dans les pays en développement
Le cancer de la bouche est le 8ème cancer le plus fréquent chez les hommes et le 14ème chez les femmes dans le monde. On dénombrait 274 300 nouveaux cas et 145 500 décès dans le monde en 2002. Les deux tiers de ce fardeau sont supportés par les pays en développement, et pour plus de 30% par lInde seule. Un taux élevé de cancer buccal est enregistré dans le sous-continent indien, en Europe centrale et de lEst, dans certaines régions de France, en Europe du Sud, en Amérique du Sud et en Océanie.
Maladie évitable, décès évitables
Cette maladie est en grande partie évitable par labstinence de facteurs de risque comme le tabac, la chique de bétel et la consommation dalcool. La chique de bétel et de noix darec, facteur de risque majeur pour ce cancer, a été classée par le CIRC comme cancérogène pour lhomme dans une évaluation du Programme de ses Monographies en 2003. Il semble à présent que le dépistage par inspection visuelle de la bouche peut réduire la mortalité chez les individus à haut risque, en raison du fait que les lésions précancéreuses sont facilement décelables, de même que les cancers invasifs précoces, et que, plus tôt les cancers sont décelés, meilleure est la survie, selon un article publié dans le Lancet le 4 juin 2005 (Lancet 2005; 365: 1927-33).
Un effort majeur pour réduire la mortalité
Linspection visuelle de la cavité buccale est une méthode simple, socialement acceptable et dune bonne précision pour le dépistage des néoplasies buccales. Le principal défi consistait à savoir si un programme de dépistage basé sur cette inspection visuelle pouvait amener une réduction substantielle de la mortalité attachée à ce cancer.
Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) et le Regional Cancer Centre (RCC) de Trivandrum, dans le Kérala (Inde), a entrepris un essai en 1996 pour évaluer lefficacité du dépistage par inspection visuelle à réduire la mortalité par cancer buccal dans une population à haut risque dans le district de Trivandrum. Sur les 192 000 personnes enrôlées dans létude, la moitié ont été affectées à un dépistage par inspection visuelle effectué par des travailleurs de santé formés à cet effet, et lautre moitié constituait le groupe témoin et nont donc pas été dépistés.
Diminution significative de la mortalité
Après trois campagnes de dépistage à trois ans dintervalle, on a pu observer une réduction de 34% du nombre de décès par cancer buccal chez les consommateurs de tabac et/ou dalcool dans le groupe dépisté par rapport au groupe témoin.
Le Dr Ramadas, qui dirigeait létude à partir du RCC, concluait que "les résultats de ce premier essai au monde dintervention randomisé pour le dépistage du cancer buccal sont en effet très encourageants". Le Dr Rajan, Directeur du RCC à Trivandrum, sest joint à lui pour souligner "quil est important de mettre en place un dépistage par inspection visuelle de la cavité buccale par lintermédiaire des services sanitaires existants en Inde pour réduire le grand nombre de décès évitables dans le sous-continent."
Extrapolation possible de lessai
En résumé, le Dr Sankaranarayanan, qui dirigeait ce projet du CIRC, conclut : "Le dépistage par inspection visuelle de la cavité buccale peut réduire la mortalité chez les individus à haut risque et nous avons calculé que le dépistage de lésions précoces dans la cavité buccale a le potentiel de prévenir au moins 37 000 décès par cancer de par le monde."
Un appel renouvelé pour la prévention
"De plus en plus, le cancer devient une maladie des pays de ressources faibles et moyennes, et le cancer buccal est plus fréquent dans les pays comme lInde que dans les pays occidentaux. Les résultats de cet essai sont très encourageants, mais lissue plus favorable de la détection précoce des lésions précancéreuses de la bouche ne doit pas nous faire sous-estimer limportance de la prévention primaire et de léducation sanitaire pour limiter la chique de bétel, la fumée de tabac et la consommation dalcool", a ajouté le Dr Boyle, Directeur du CIRC.
Pour plus de détails, contacter : Dr Sankaranarayanan, Chef du Groupe Dépistage, à
ou Nicolas Gaudin, Chef, Groupe Communication, à
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