COMMUNIQUE DE PRESSE
N° 189
30 juin 2008 

LES POLITIQUES ANTITABAC SONT EFFICACES, SELON LE CENTRE INTERNATIONAL DE RECHERCHE SUR LE CANCER

Les politiques antitabac réduisent l'exposition des adultes et des enfants, réduisent la prévalence du tabagisme chez les adultes et réduisent le risque de maladies cardiaques lié à l'exposition à la fumée. Il est possible que ces politiques entraînent une réduction du fardeau du cancer du poumon, mais les éléments pertinents pouvant le démontrer ne seront connus que plus tard. Par ailleurs, ces politiques n'ont pas d'incidence négative sur l'activité des bars et des restaurants. Ces conclusions sont les dernières d'une série d'études et d'évaluations menées par un groupe international d'experts réunis au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) à Lyon (France). Le résumé de leurs conclusions sera publié exclusivement en ligne dans l'édition de juillet de la revue The Lancet Oncology (TLO).

Le Dr John Pierce, de l'Université de Californie à San Diego (Etats-Unis), et le Dr María León, de l'Equipe Tabac et cancer du CIRC, en collaboration avec un Groupe de Travail (GT) composé d'experts du monde entier et de chercheurs du CIRC ont préparé ce rapport spécial à paraître dans TLO. Le GT a évalué 11 propositions relatives au degré de causalité des effets des politiques antitabac, et les a classées en trois catégories : 'suffisantes', 'fortes' et 'données insuffisantes pour permettre de conclure'. Pour parvenir à ces conclusions, le Groupe de travail a évalué en détail tous les travaux sur l'effet des politiques antitabac publiés dans des revues à comité de lecture et autres rapports gouvernementaux accessibles.

Le groupe a trouvé des indications suffisantes pour affirmer : que la mise en œuvre des politiques antitabac diminue sensiblement l'exposition à la fumée passive; que l'interdiction de fumer au travail entraîne une diminution de la consommation de cigarettes chez les fumeurs; que les politiques antitabac ne font pas baisser l'activité des bars et restaurants; que l'introduction de politiques antitabac entraîne une réduction des symptômes respiratoires chez les travailleurs; que bannir volontairement la fumée de la maison réduit l'exposition des enfants à la fumée passive; et que bannir volontairement la fumée de la maison réduit le tabagisme des adultes.

Le GT a estimé disposer de fortes indications pour affirmer que l'interdiction de fumer au travail entraîne une diminution de la prévalence du tabagisme chez les adultes; que les politiques antitabac font baisser la consommation du tabac chez les jeunes; que l'introduction de législations antitabac fait baisser la morbidité cardiaque; et que bannir volontairement le tabagisme domestique entraîne une réduction du tabagisme chez les jeunes. Toutefois, parce que le délai entre l'exposition à un agent cancérogène tel que la fumée de cigarette et le diagnostic du cancer du poumon peut être de 20 ans, voire davantage, le groupe a conclu que "les données ne sont pas encore connues pour ce qui concerne la diminution prévue des cancers du poumon liée à la mise en œuvre de politiques antitabac".

Sur la base des éléments examinés, le Groupe de travail recommande aux gouvernements d'adopter et de mettre en œuvre des politiques antitabac conformes à la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac. Les auteurs concluent que 'la mise en œuvre de ces politiques peut avoir un effet plus large sur la population en multipliant les espaces non fumeurs. Non seulement ces politiques atteignent leur objectif de protéger la santé des non-fumeurs en diminuant leur exposition à la fumée des autres, mais elles ont aussi de nombreux effets sur le comportement des fumeurs eux-mêmes, ce qui devrait multiplier les bénéfices pour la santé. Ces bénéfices seront d'autant plus importants si ces politiques sont adoptées dans le cadre d'une stratégie globale de lutte contre le tabagisme qui mette en œuvre toutes les dispositions préconisées par la Convention-cadre de l'OMS'.

"Aujourd'hui, le tabagisme est la première cause évitable de décès prématuré par maladie chronique dans les pays à ressources élevées", a indiqué le Dr Peter Boyle, Directeur du CIRC. "On a estimé à 450 millions le nombre de décès que provoquera le tabagisme dans le monde au cours de la première moitié de ce siècle. La priorité clé pour réduire ce fardeau est d'empêcher les fumeurs actuels de fumer. Les preuves de l'efficacité des politiques antitabac, apportées par cette évaluation, devraient encourager une mise en place plus généralisée", a-t-il conclu.


Contact:
Dr John P Pierce, University of California, San Diego, Californie, Etats-Unis (anglais)

Dr María E León, Equipe Tabac et cancer, CIRC, France (anglais, espagnol)

Dr Paolo Boffetta, Groupe Mode de vie, environnement et cancer, CIRC, Lyon, France , (anglais, français, italien, espagnol)

Dr Nicolas Gaudin, Groupe Communication, CIRC, Lyon, France, (anglais, français)





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