Le Centre international de recherche sur le Cancer annonce le lancement du World Cancer Report 2008. Ce rapport donne une vue densemble du cancer pour tous ceux qui travaillent dans le domaine des soins de santé et de la recherche, mais aussi pour le grand public. Il présente des informations sur les tendances du cancer, le diagnostic, les causes et la prévention de façon concise, avec une description claire de ce problème croissant pour la santé publique.
Le fardeau mondial du cancer a doublé au cours des 30 dernières années du siècle dernier. On a calculé quen 2008, 12 millions de nouveaux cas de cancer avaient été diagnostiqués, que 7 millions de personnes étaient décédées dun cancer et que 25 millions de personnes vivaient avec cette maladie, jusquà cinq ans après diagnostic. La poursuite de la croissance et du vieillissement de la population mondiale a des conséquences immédiates sur le fardeau du cancer : dici à 2030, on estime quil y aura plus de 26 millions de cas incidents de cancer chaque année.
Le poids du cancer sur la société est immense en termes de la souffrance des patients et de limpact sur les parents, les proches, comme sur les prestataires de soins. Le fardeau que fait peser le cancer sur les professionnels et les systèmes de santé est substantiel et augmente rapidement, note le Dr Peter Boyle, Directeur du Centre international de recherche sur le Cancer, lun des rédacteurs du Rapport. Cest sur les pays à ressources faibles et moyennes que limpact du fardeau mondial du cancer se fera sentir le plus fortement. Nombre de ces pays ont un budget de santé très limité et sont encore affectés par un fardeau élevé de maladies transmissibles. Les modalités de traitement du cancer sont hors datteinte pour des pans entiers de leur population et les thérapies qui pourraient sauver des vies font souvent défaut.
Le Rapport souligne le poids croissant du cancer dans le monde et le contraste entre les pays riches et les pays pauvres. Si les taux de mortalité sont en baisse dans lUnion européenne, aux Etats-Unis et dans dautres pays riches, les grandes disparités qui existent entre des groupes de populations à différents niveaux de pauvreté et laccès aux soins sont en fait masquées. Dans les milieux à faibles ressources, la grande majorité des cancers présente à un stade où la palliation est le seul traitement qui puisse être offert au patient.
Il existe trente pays à faibles ressources qui nont pas une seule machine de radiothérapie. Le programme de lutte contre le cancer le plus simple est parfaitement inopérant en labsence des moyens les plus élémentaires de traiter le cancer. En outre, on compte à peu près autant de pays en Afrique qui ne disposent pas dopioïdes (comme la morphine) pour lutter contre la douleur. Tout patient atteint de cancer en phase terminale a le droit fondamental à tous les aspects des soins de soutien et des soins palliatifs, et le droit absolu de décéder sans douleur et dans la dignité, note le Dr Boyle.
La rapide augmentation du fardeau du cancer représente une crise pour la santé publique et les systèmes de soins dans le monde entier. Une des plus grandes questions pour de nombreux pays, même parmi les plus riches, sera la façon de trouver des ressources suffisantes pour traiter tous les patients atteints de cancer de façon efficace et dapporter des soins palliatifs, de soutien et des soins de fin de vie pour les grands nombres de cancers qui seront diagnostiqués au cours des années qui viennent.
Le World Cancer Report 2008 apporte cependant aussi un clair message despoir : bien que le cancer soit une maladie dévastatrice, elle est en grande partie évitable et des possibilités de prévention existent à lheure actuelle dans tous les pays, quelles quen soient les ressources. Cette maladie est de mieux en mieux comprise et de nouvelles approches en matière de thérapie sont en cours dintroduction.
Le tabagisme est le cancérogène humain le plus important et le mieux compris, mais le pic de lépidémie de tabagisme dans les pays à faibles ressources nest pas encore atteint. La lutte contre le tabagisme est une tâche majeure pour les pays, quelles que soient leurs ressources, et un certain nombre de mesures permettant de réduire la consommation de tabac, notamment par un système de taxes et dinterdiction de fumer, ont prouvé leur efficacité.
Dans les pays à faibles ressources, de nombreux cancers fréquents, comme le cancer primitif du foie, le cancer du col utérin, le cancer du rhinopharynx, le sarcome de Kaposi et le cancer de lestomac sont provoqués par des infections chroniques par différents agents. Dans ces circonstances, il existe à présent des perspectives de prévention par la vaccination contre lhépatite B (cancer hépatique) et contre le virus du papillome humain (cancer du col utérin), ainsi quun traitement contre linfection par Helicobacter pylori (cancer de lestomac). La question la plus importante dans les pays les plus pauvres est que ces actions de prévention soient abordables pour leur système de santé.
Lidentification des facteurs de risque et des mécanismes de la maladie nest pas une tâche simple, et offrir une prévention efficace peut même être encore plus difficile. La recherche en prévention doit prendre davantage dimportance dans les stratégies de recherche sur le cancer et dans les plans nationaux du cancer actuellement en cours de développement, observe le Dr Boyle. Un avantage supplémentaire de la prévention est que de nombreux facteurs de risque clés pour le cancer sont partagés par dautres maladies fréquentes, comme les maladies cardiovasculaires et le diabète et une prévention efficace aura aussi un impact sur ces maladies.
En conclusion, le World Cancer Report 2008 souligne lexpansion de cette crise mondiale du cancer, souligne la nécessité dapproches internationales coordonnées et offre la base scientifique de ce quil faut entreprendre et montre quels objectifs peuvent ainsi être atteints.