|
LEtude INTERPHONE
Plusieurs groupes dexperts ont récemment procédé à un examen critique des résultats actuels au sujet des effets sur la santé des expositions de faible niveau aux radiofréquences (RF) émises par les champs magnétiques (OMS 1996, McKinkay et al. 1997, Repacholi, 1998). Au vu des connaissances actuelles sur les éventuels effets néfastes dune exposition aux RF, et de lutilisation de plus en plus répandue des téléphones portables dans de nombreux pays, ces groupes dexperts préconisent de mener des recherches pour déterminer si les téléphones portables peuvent induire des effets néfastes graves sur la santé. La priorité était donnée aux études épidémiologiques sur la relation entre lutilisation des téléphones portables et lincidence des a) tumeurs du cerveau b) tumeurs des glandes salivaires, des neurinomes de lacoustique et dautres tumeurs de la tête et du cou c) leucémies et lymphomes.
A la suite de ces recommandations, une étude de faisabilité détaillée a été menée en 1998 et 1999 dans quatorze pays, coordonnée par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), situé à Lyon. A laide de critères préalablement définis, on a conclu à la faisabilité et à lintérêt instructif dune étude internationale sur la relation entre lutilisation du téléphone portable et le risque de tumeur du cerveau : la prévalence de lutilisation du téléphone portable dans le passé et le nombre de cas prévus permettent de déceler un risque multiplié par 1,5 dans les 10 ans suivant le début de lutilisation, si un tel risque existe. Une série détudes cas-témoins multicentriques a été mise en place sous la coordination du CIRC. Des études séparées sont en cours sur les neurinomes de lacoustique, les gliomes, les méningiomes et les tumeurs de la glande parotide, tumeurs qui, si les RF sont cancérogènes, seraient le plus probablement liées à lutilisation de téléphones portables. Une étude sur le risque de leucémie est également prévue, sous réserve de financement. Lobjectif premier de ces études consiste à déterminer si lexposition aux RF des téléphones portables est associée à un risque de cancer. En second lieu, ces études ont pour but de rechercher le lien existant entre ces maladies et un certain nombre de facteurs de risque environnementaux et endogènes éventuels. Les interactions possibles gènes-environnement dans les tumeurs du cerveau seront aussi étudiées dans le cadre dune collaboration avec le US National Cancer Institute consortium des études sur les tumeurs du cerveau. Les études sappuient sur un protocole central commun qui décrit les procédures à suivre dans tous les pays participants. Les études nationales peuvent cependant présenter des aspects particuliers ou un spectre plus vaste que les études internationales. Les pays participants sont lAllemagne, lAustralie, le Danemark, la Finlande, la France, lIsraël, lItalie, le Japon, la Norvège, Nouvelle Zélande, le RU, et la Suède. Afin daugmenter au maximum la capacité de déceler un risque, sil existe, les études se concentrent principalement sur les tumeurs chez les personnes relativement jeunes (30-59 ans, qui avaient la plus forte prévalence dutilisation de téléphones portables 5 à 10 ans auparavant) et dans les régions des pays participants où lutilisation de téléphones portables est la plus répandue et la plus ancienne. Il est prévu que les études comportent près de 600 cas de gliomes et de méningiomes (à la fois bénins et malins), 1000 cas de neurinomes de lacoustique, 600 cas de tumeurs de la glande parotide, ainsi que leurs témoins respectifs. La source primaire dinformation est un entretien sur place, assisté par ordinateur (CAPI), et mené par un enquêteur expérimenté. Des études de validation rétrospectives et prospectives sont en cours afin détudier lexactitude de lutilisation auto-rapportée des téléphones portables, en comparant les réponses du questionnaire aux informations tirées des dossiers des entreprises de téléphonie mobile et de celles enregistrées par les téléphones modifiés par des logiciels. Un sous-comité dexperts dans lévaluation de lexposition est en train de développer, tester et mettre en place un indice des expositions fondé sur les informations du questionnaire, ainsi que sur les informations techniques des caractéristiques du réseau et des téléphones utilisés, et sur les périodes de temps. Dans certains pays, des échantillons de cellules sanguines ou buccales sont recueillis pour permettre de futures analyses des interactions gènes-environnement. La vérification des cas est terminée dans presque tous les pays. Les données de chaque pays devraient arriver au CIRC en septembre 2004. La validation des données est en cours. Les premiers résultats de létude sont prévus pour début 2005. La coordination de lEtude internationale et du recueil des données nationales en Europe et en Israël est financée par lUnion européenne (Programme Qualité de Vie sous numéro de contrat QLK4-1999-01563) et par lUnion internationale contre le Cancer (UICC). Les financements proviennent également de chercheurs locaux et nationaux en Europe et dorganismes de financement locaux et nationaux dans le reste du monde. LUICC a reçu des fonds dans ce sens de la part du Mobile Manufacturers Forum et de lAssociation GSM. Le financement des chercheurs de létude INTERPHONE, à travers lUICC, a été régi par des accords garantissant à létude INTERPHONE une totale indépendance scientifique. Les dispositions suivantes assurent lindépendance scientifique de la conduite, de lanalyse et du rapport de létude INTERPHONE :
|